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La Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton

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Texte de réflexion par Raymond Blanchard, agent de recherche et projets.

Comme bien d’autres, nous attendions avec impatience le dépôt du budget 2017-2018 du gouvernement du N-B (GNB). Mais apparemment, personne n’était plus impatient en la matière que le gouvernement lui-même, qui ne donne décidément pas trop dans les détails quant à la manière dont ce budget est construit et va fonctionner.

Ce qui signifie qu’il nous faut tenter d’y voir plus clair en décortiquant ce qui est communiqué et en procédant par inférences; après tout ça devient monnaie courante pour à peu près tout ce qui sort de Fredericton.

Au pire aller, on se trompe et ça force le gouvernement à ramener les pendules à l’heure. Donc :

LA grosse annonce du budget en ce qui concerne l’éducation postsecondaire – comprenez que nous gardons d’abord en tête les universités, ici – est le montant de 45 millions $ supplémentaires prévus en hausses du financement des universités, sur les quatre prochaines années. Ça, c’est ce que le gouvernement veut qu’on retienne.

Dès cette année, et il était temps, le financement des universités va augmenter après avoir été gelé lors des deux budgets précédents. D’après les chiffres présentés par la province, ce sont 10,3 millions$ qui s’ajoutent dès 2017-2018. Cela dit, seulement 4,4 millions $ de cette somme seront octroyés en financement de base, les 5,9 millions $ restants servant à financer des initiatives stratégiques.

Il faut aussi discuter de la manière dont ces 45 millions $ supplémentaires seront octroyés: c’est-à-dire que le déblocage des fonds dépend d’une série d’ententes à venir entre le gouvernement et les universités. On l’annonce comme un fait accompli, ou du moins comme si le gouvernement avait les meilleures des intentions, et qu’il en revient maintenant aux universités de faire leur part du travail.

Le discours du budget (GNB) précise que ces ententes établiront « au cours des prochaines semaines » :
•    « les engagements financiers du gouvernement pour les quatre prochaines années ;
•    la prévisibilité au chapitre des frais de scolarité pour les étudiants du Nouveau- Brunswick au cours des quatre prochaines années ;
•    le financement de projets pilotes dans les universités qui appuient les efforts que nous déployons afin d’augmenter les inscriptions, de favoriser la croissance démographique, d’exploiter les possibilités de recherche et développement et de donner suite à d’autres priorités ;
•    une entente selon laquelle des représentants des universités comparaissent annuellement devant l’Assemblée législative. »

C’est de la publicité, de la gestion d’image; si je vous affamais pendant deux ans en vous disant de travailler plus fort pour accomplir autant avec moins, ne seriez-vous pas prêts à signer n’importe quel papier qui vous accorderait ne serait-ce que des miettes?

Et si j’ajoutais que ce sera de votre faute si vous continuez d’avoir faim?

Croyez-vous sérieusement que, même affamées, nos universités sont capables d’en arriver à une entente sur quoi que ce soit dans une affaire de semaines? S’il n’est pas clair que cet arrangement sera profitable pour les institutions – vu le manque de détails, difficile d’en juger - ce ne sera pas une sinécure.

On répète depuis longtemps que nos universités ont besoin de 3% à 4% d’augmentation annuelle de leur financement pour maintenir le statu quo. Et en principe, ces 10,3 millions $ représentent à peu près cela en termes d’augmentation. Mais la manière dont on a choisi de répartir la somme est problématique. Pourquoi? Du moins cette année, la majorité des fonds supplémentaires sera liée à des projets-pilote, c’est-à-dire à de nouvelles initiatives. C’est-à-dire à autre chose que le maintien du statu quo.

Le financement de base des universités ne va croître pour sa part que de 1,7%, soit à peu près le taux d’inflation (Banque du Canada), qui frappe doublement les universités, rappelons-le. On ne sait pas encore comment le gouvernement compte répartir l’argent du fonds d’initiatives. Est-ce qu’une part des 5,9 millions $ sera réservée à chaque université dans une mesure proportionnelle à sa subvention de base? Est-ce que l’université qui pourra mettre sur pieds plus des projets cadrant avec les objectifs du gouvernement pourra recevoir plus de fonds? Est-ce que la totalité de ces fonds seront versés ou pourront-ils être reportés? Est-ce un moyen détourné de créer un faux surplus dans le financement aux universités?

On ne le sait pas.

Écoutez, ça fait essentiellement deux ans que les universités subissent des coupures de financement de l’ordre de 3% à 4%, et on leur demande de se coucher sur le dos pour 1,7%? Après trois années de déficit? Tout ce qui dépasse cette marque va relever de la mission des institutions – on ne leur demandera pas de faire ce pourquoi elles ne sont pas conçues, quand même – mais dépendra néanmoins de nouvelles initiatives, qui ne feront qu’augmenter le déficit en termes réels parce qu’elles viendront s’ajouter (même à coût nul dans le meilleur des cas) à des coûts d’opération qui ne sont pas encore adéquatement financés par Fredericton.

L’Université de Moncton abonde en ce sens dans sa réaction officielle au budget (UMoncton). Disons cependant que le CCNB ne recevra pas une augmentation de 5,4% à son financement, comme semble le sous-entendre le communiqué de l’Université de Moncton; ce sera en fait 2,3%. En fait, c’est une augmentation massive de l’aide financière aux étudiants qui fait gonfler cette ligne budgétaire.

Une chance, disons-le, car « prévisibilité des droits de scolarité » ne rime pas avec « baisse », ni même avec « maintien », aussi bien se le tenir pour dit.

Le programme d’aide financière aux étudiants (PAFÉ) va augmenter de 12,6% en 2017-2018, ce qui est surprenant, surtout sachant que le Programme d’aide aux études (PAÉ) n’a pas épuisé son budget pour l’année dernière. La plupart du temps, les excédents sont coupés l’année suivante, quitte à dépasser les budgets prévus en fin d’année financière. Cela dit, vu que l’augmentation prévue au PAFÉ (6,5 millions $) correspond d’assez près au montant restant du PAÉ pour 2016-2017 (7 millions $) selon le ministre Arseneault (Acadie Nouvelle), on peut se demander s’il s’agira de bourses supplémentaires qui ne seront pas répétées d’année en année ou d’une bonification du PAFÉ à plus long terme.

Là encore, on ne le sait pas.

Mais on entend aussi entre les branches qu’une annonce concernant le PAÉ serait prévue pour bientôt. Dans le communiqué du budget la ministre Rogers a déclaré que « Le gouvernement a aussi mis de l’argent de côté pour un nouveau programme visant à offrir un allégement des droits de scolarité pour la classe moyenne. » (GNB). Ira-t-on enfin vers une échelle mobile? Si oui, d’après quel genre de structure et suivant quels critères d’éligibilité?

Ça reste à voir. Y’a comme un thème, hein?

Mais dans le cas des étudiants comme celui des universités, ce budget reste une histoire de carotte et de bâton. Pour les universités, ce sera accepter des contraintes importantes pour accéder à un financement insuffisant (mais en hausse pour la première fois en trois ans). Du côté des étudiants, ce sera plus d’aide financière pour faire face à un coût de l’éducation qui ne peut que continuer à monter.

Faut pas se leurrer : le gouvernement compte bien vous passer la facture.

Texte de réflexion - aucune position officielle du C.A. de la FÉÉCUM ne devrait en être nécessairement interprétée.

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